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2009 : Demain

Résultats du XIIIe concours sur le thème de "Demain"

 

1ere place : Jean-Louis TELLIER (33)


DEMAIN NOTRE AVENTURE


Longtemps j’ai navigué sur des mers d’abondance
Où les trésors offerts me tendaient grands les bras,
J’ai cueilli dans les prés les fleurs de l’insouciance,
Ne laissant aux insectes que bien maigres repas.

 

Aveuglé par l’orgueil, rempli de certitudes,
J’ai écumé la terre de toutes ses richesses
Avant d’ouvrir les yeux sur tant d’incertitudes
Aux lendemains obscurs de mes instants d’ivresse.

 

C’était le temps béni des pêches miraculeuses
Arrachées aux entrailles des courants d’autrefois,
Mais un jour la planète, pourtant si généreuse,
Se meurt d’avoir donné aux hommes tout ce qu’elle a.

 

Meurtrie par tant d’excès, bien des questions se posent.
Que serons-nous demain dans un monde différent ?
Comment nous habituer à la métamorphose
Des choses d’ici-bas, le savons-nous vraiment ?

 

Les hommes sont capables du meilleur et du pire
Mais quand advient le pire, ils se dévoilent meilleurs,
Attentifs au salut d’une Terre qui expire
D’avoir subi leurs crimes à s’en briser le cœur.

 

Si Dame Raison triomphe, acceptons-en l’augure,
Nos demains chanteront l’harmonie retrouvée
Dans un monde fleurant bon, au cœur de la nature,
Les parfums délicieux de tendresse et de Paix.

 

 

 

2e place : Frédérique Ramos (91)


DEMAIN…

 


Demain guette aujourd’hui,
Quand les brasiers solaires mordront les terres sèches
Où jadis les blés d’or palpitaient sous les vents,
Quand les sommets perdront leurs blancheurs cristallines,
Quand les rivières folles noieront les paysages
Et que les mers auront rongé tous les rivages…
Des hommes s’en iront de contrées en contrées,
N’ayant plus même force d’avoir encore des larmes
Et dans leur regard sombre, on ne verra plus luire
L’espérance où s’éclôt la joie des lendemains…


Aujourd’hui pourra-t-il
Construire d’autres demains ?
La force du destin est-elle vaincue par l’homme
Quand il se lève enfin, l’âme remplie d’audace,
Prêt à livrer bataille pour transformer son monde ?
Pourrons-nous retrouver un ciel immaculé,
Des forêts verdoyantes, des vols d’oiseaux chanteurs,
Des sourires d’enfants cueillant dans les vergers
Des pommes au dos rond et des poires sucrées ?


Demain pas encore né,
A peine imaginé,
Comme un tableau mouvant de possibles lointains
Demain qui deviendra, plus tard, notre passé,
Notre ouvrage secret, notre œuvre collective
Pour la honte ou la gloire de l’immense univers…

 

 

3e place : Daniel-Gros-Circan (16)


Demain, je serai roi

 


Demain, je serai roi, un corbeau me l'a dit.
C'était un être sage, et du haut de sa branche,
Voici que tout-à-coup sur mon crâne il s'épanche
Et me tient d'un seul trait ce langage inédit :


Demain, tu seras roi, forme humaine qui erre
Plein d'une âme tranquille et ne désire rien.
Tout arpent que tu foule un soir sera ton bien
Si tant vont tes pieds nus tel un gueux sur la terre.


L'immensité du ciel n'appartient qu'aux seuls fous,
Car l'espace et le temps coulent comme du sable.
Demain, me dit l'oiseau, reste déraisonnable
Et, par ta déraison, brise murs et verrous.


Lorsque tous les instants que marquent les secondes
Seront allés mourir en un unique instant,
Ta main saura cueillir cet univers latent,
Graine magique en toi, la semence des mondes.


Du peuple de ton cœur, ainsi tu seras roi,
Car villes et forêts ne seront que toi-même.
A' son image, aux cieux, te veut l'être suprême ;
C'est le propre de l'homme, et ton unique loi.


Un corbeau de rencontre à posé sur ma vie
Cette folle sentence... Eh bien moi, je l'ai cru.
Qu'importe si cela vous paraît incongru ;
Demain, je serai roi de mon âme ravie.



2008 : L'idéal

Résultats du XIIe concours sur le thème de "L'Idéal"

1ere place : Fraçoise Jung (77)

Supplique à l'Idéal

Morpho, papillon bleu des forêts de Guyane
Je te coursais en vain, dans le creux des chemins
Pour saisir l'éclair bleu de tes ailes diaphanes
Sur un papier photo, l'appareil à la main.
Naïve vanité de vouloir capturer
Sur un simple papier un instant de beauté.
Le Beau, l'Amour, le Vrai fondent notre Idéal
Qui est dans notre ciel l'inaccessible étoile.
Nous naissons, nous vivons, nous courons pour saisir
D'éphémères lucioles, appâts de nos désirs.
Éternel Idéal, illumine nos choix
Fais rayonner nos cœurs et fructifier nos pas
Sur la terre des hommes où notre esprit côtoie
L'âpreté de l'ego reniant le divin
La mort de l'éphémère fardeau de l'être humain
Qui quitte ce rivage pour aborder le tien.

 

 

2e place : Vincent Vidal (86)

L’ Idéal

L’oiseau de feu s’en est allé… Il a sombré,
comme un soleil, à l’occident de nos espoirs.
Il s’est brisé en mille éclats, dans la nuit noire,
échoués sur les rivages de nos songes blessés…

Un souffle obscur a réveillé ces lueurs perdues.
Une main de lune a cueilli, fleurs éperdues,
ces âmes enlisées, ces étoiles mourantes…
Un jour nouveau se lève en ces terres mouvantes.

Un Idéal renaît, murmurant l’espérance,
d’entre les ruines et les temples en souffrance.
La pierre s’est émue, au cœur de la statue.

Et, dans les cieux, deux grandes ailes sont venues
d’un éternel pays de splendeur orientale,
déployer un rêve d’amour immémorial.

 

 

3e place : Y. Zerinini (77)

L’idéal, c’est un rêve

L’idéal, c’est un rêve, mais un rêve majuscule,
Qui se nourrit de songes ou de papier glacé,
Où je me vois Atlas, où je me sens Hercule,
Je possède le monde, je prends toute la place,
Je pose les fondations d’une demeure idéale,
J’y mets quelques enfants, une femme fatale,

Les gens partout m’écoutent et louent mes qualités,
Me demandent conseil, je fais autorité,
Mais ma vie semble terne, me viennent d’autres envies,
De soleils et de plages et de montagnes aussi.
Je rêve même d’autres mondes qui me sont inconnus,
Puis je m’envole oiseau, et monte jusqu’aux nues.

Le doute encore m’assaille, car le temps est bien court,
Je me fais immortel, c’est mon dernier recours,
Pour vivre toutes les vies, je fais fi des obstacles,
Et je suis mon public à mon propre spectacle.

Soudain je me réveille, et tout autour de moi,
Je vois les gens que j’aime et je sais bien, pourquoi,
Je n’ai jamais besoin de ces choses qui brillent,
Et qui nous rendent fous, mais sont vides coquilles.

L’Idéal, c’est nos vies, ici et maintenant,
Faudrait-il être sot pour penser autrement

 

 

4e place : Christian Bled (17)

Idées à liste

Entrez dans ma boutique, ici rien n'est banal
Et tout doit disparaître, liquidation totale.
Je vends de belles idées depuis bientôt 30 ans
Et j'ai toujours été honnête commerçant.
Jamais de l'occasion que des idées nouvelles,
Des théories somptueuses allant à l'essentiel,
Des révolutionnaires au rayon utopies
Et des avant-gardistes qui n'ont jamais servi,
Des courageuses à souhait et surtout libertines,
Des généreuses aussi tournées vers la lumière.

Oui mais plus difficile se fait la clientèle,
Les concurrents hélas ont de nouveaux modèles.
Aidés par les médias, les journaux, la télé,
Bientôt ils seront seuls au marché des idées
Vous ne trouverez chez eux ni notions ni concepts
Pas même un raisonnement que de l'idée toute faite
Que du prêt à penser, fini le sur mesure,
Du juste à consommer, du bouillon de culture
Et puis du noir aussi, de l'extra déprimant
Morbide homologué et bien sanguinolent.

Pour moi pauvre rêveur, c'est la fin d'une époque,
Mais vous n'hésitez pas, dévalisez mon stock.
Jeune encore vous êtes, vous saurez le nourrir
Et ne vous gênez pas, faites le donc servir.

Il reste des pensées tout à gauche en sortant
Je vous offre un bouquet et résistez longtemps

 

 

5e place : Sabine Brantus (67)

L’idéal, M’sieur…

L’idéal, M’sieur, c’est de pouvoir jouer
A la console toute la journée !

L’idéal ? C’est qu’ma mère arrête de me crier dessus
Alors qu’mon père, lui, il est jamais revenu !

L’idéal M’sieur, c’est qu’ma maîtresse parte en vacances
Affiche à sa porte toute l’année : en «grande absence» !

L’idéal ce serait que mon pote
M’adopte.
Qu’je devienne son vrai frère
Le Roi, comme lui, de son Père et d’sa Mère.

L’idéal M’sieur… c’est que j’aie plus mal au ventre la nuit
Quand j’ouvre les yeux et que j’suis tout mouillé dans mon lit.

L’idéal, c’est que je sache qui je suis
Quand nos voisins nous hurlent de retourner au pays.

L’idéal M’sieur : ça n’existe pas!
Sur cette foutue terre de misère y’a pas d’endroit.

Ou peut être … dans les bras de ma maman
Quand elle pleure contre moi,
Et m’embrasse doucement
Avant d’me dire : «je t’aime mon fils !»… tout bas.

 


2007 : L'amour

Résultats du XIe concours sur le thème de "L'Amour"

 

1ere place : Pascal Vilain de Taradeau (83)

 

Amour est plus …

 


Que serait donc l’amour s’il n’était que cela :
Frémissement des sens, imperceptible émoi,
Grisant chamboulement et profond désarroi
Du cœur qu’un doux regard un jour ensorcela ?


Que serait donc l’amour s’il ne savait donner
Que l’éclat d’un sourire à tout porteur de  peine,
Le soutien de son bras à qui semble hors d’haleine
Et la chaleur d’un mot à l’être abandonné ?


Que serait donc l’amour s’il n’était destiné
Qu’aux pierres du chemin qui crissent sous les pas,
Aux plantes des jardins, aux fruits de nos repas
Et à ces compagnons que l’on aime câliner ?


L’amour est tout cela mais il est plus encore.
Il est l’appel enfoui au tréfonds de nos cœurs,
Un indicible écho d’une douce clameur,
L’ardent rayon doré d’un lointain sémaphore.


L’amour emplit nos vies mais il nous vient d’ailleurs,
Et le jour où fleurit le bouton de la rose,
Quand après la nuit longue sa corolle est éclose,
Aimer devient alors notre acte le meilleur.

 

 

 

2e place : Christiane Verlon de Morlincourt (60)


Ce soir


Ce soir, je te dirai des mots superbes
De ceux que l'on invente au chevet des enfants
J'irai chercher le vent
Pour qu'il m'apprenne
Le chant d'amour de l'océan à la tempête.
Je te raconterai
Les larmes des violettes
Qui dorment dans un lit d'absente.
Je traduirai pour toi
Le dialecte
Des plus anciens brouillards,
De ceux que j'ai trouvés
Tout au fond d'un regard
Qui fixe en arabesque
Le fil ténu,
Allant de l'ombre à la lumière.


Ce soir


J'aurai en moi la puissance insensée
Des plus grands,
Des plus fous.


Ce soir, je t'aimerai...



3e place : Florence Digne de Pantin (93)


Prière d'aimer


Laissez-moi la douceur de traverser votre ombre
Que je puisse rêver à l'osmose factice
De l'esprit amoureux pénétrant la pénombre
Sur la pointe des pieds de son rose artifice.


Je tire les rideaux de la réalité
Pour glisser dans la nuit de mon songe voilé,
Sur la pointe des pieds, jusqu'à l'ombre alitée,
Me blottir sous des draps de pénombre étoilée.


Laissez-moi balancer mon âme languissante
Sur la palme d'un songe aux bercements étranges,
Que je puisse sentir cette brise grisante,


Sur la pointe des pieds m'envoler comme un ange.
Laissez marcher mon coeur, laissez-le se pâmer,
Sur la pointe des pieds, laissez-moi vous aimer...

 

 

 

4e place : François Ligniert de Coulogne (62)


Un jour peut-être


Dans un jardin secret, au fond de mes pensées
J'ai semé les baisers qu'un jour je donnerais
Lorsqu'ils auront fleuri, pour la femme de ma vie
Mon ciel sera moins gris, mes songes plus jolis


Dans l'océan glacial de mes rêves de cristal
J'ai vu la fleur du mal emportant mes pétales
Blessant les particules de mon coeur en nodules
Arrêtant la pendule de mon âme incrédule


Dans le désert troublé de mon cerveau figé
J'ai vu la liberté que l'on me promettait
L'amour que l'on m'a pris, la fleur qu'on m'a ravi
Pour l'or de quelques puits, pour l'argent le profit


Dans un jardin sacré, j'ai semé des pensées
Pour que l'humanité connaisse un jour la paix
Pour qu'une foule en liesse un jour nous apparaisse
Combattant la détresse à grands coups de caresses


Dans mon havre de joie on serait tous les rois
On aurait tous la foi pour une même loi
L'amour encore et toujours en boucle chaque jour
En roulement de tambour, on ne serait plus sourds

 

 

 

5e place :  Julien Reynaert de Gigean (34)


Géométrie variable


Hier, le dodécaèdre que j'étais se sentais bien seul.
Ma géométrie particulière ne semblait cadrer avec aucune de vos routes.
Platon me considérait comme un symbole de l'univers, et pourtant je n'avançais guère,
retombant lourdement sur l'une de mes multiples facettes à chacun de mes pas.


Et puis ce matin-là, tu as croisé mon chemin, toi la sphère parmi les ronds.
Tu as fait une pause au milieu de ta course folle,
curieuse de comprendre comment mes arêtes se rejoignaient pour former des angles.
Je me régalais de renvoyer ton image dans toutes les directions,
signalant au monde entier que mes pointes ne te hérissaient pas !


Tu m'as proposé de faire un bout de chemin à mes côtés,
précisant que le temps n'aurait de prise sur nous que si nous l'égrainions.
Nous partîmes donc, et ta perspective me procura tellement d'élan que peu à peu je me mis à rouler, d'abord un peu carré, puis rond,
ton sourire érodant peu à peu les coins de mon état de polyèdre...


Depuis je roule...roule...roule...


2006 : La nature

Résulats du Xe concours sur le thème de "La Nature"

 

Première place, Aurélien  Mordret de Strasbourg, par internet


Aujourd’hui c’est l’hiver, que la place soit nette.


Aujourd’hui c’est l’hiver, l’hiver aux blanches mains.
Je me revois jadis, longeant ces blancs chemins,
Traverser ces bocages nivelés de neige
Qui chuinte au joug des chausses, naturel solfège.


Une feuille en sous-bois, telle un vieux parchemin
Vacille et tourbillonne, ou vermeille ou carmin.
L’eau ne coule plus, figée qu’elle est dans son piège
De glace. Gelé, givré le joyeux manège !


Mais qu’est donc devenu ce blanc immaculé ?
Depuis combien de siècles s’en est-il allé ?
Et pourquoi ?! Et comment… ? Le crachin nous écrase…


Fermez les yeux pendant que crève la planète,
Amassez votre argent de ces forêts qu’on rase,
Vitrifiez- moi tout ça, que la place soit nette ! 


 

Second, Didier Thuros de Toulouse, par internet

 

Luxuriance


 

Luxuriance verte verticalité
ces silences pareils à la blancheur d'écume
sur les lèvres molles d'un sablier,
l'exubérance de formes ostentatoires et puis
l'embrasement final,
la quête distordue d'un été hivernal  quand
criardent les oiseaux m'as-tu-vu dans les canopées...


 

Luxuriance éléments immémoriaux,
la nuit détend les ressorts intimes
de nos mécanismes huilés :
quand froncent les ridules argentées
rien ne s'imagine
tout est...


 

Luxuriance blonde horizontalité de sillages fins,
symétrie parfaite,
ces palpitements intimes contemplatifs,
temps fondu de douleur éperdue en
gouffre béant,
le croissant de lune où pendent les moustiquaires rêveuses,
luxuriance je crois en la linéarité des origines,
le vertical inspir,
l'oblique ubiquité humaine.

 

 

 

Troisième, Anne Vanrenterghem de Bailleul, par internet

 

 

La fête du jour


 

Souvent lorsque s’éveille la nature
au doux réveil des matins
et que vastes et changeantes plaines
entrouvrent leurs draps,
les blanches fumées des cheminées en transe
délavent en crachant les fils noirs des soirs.
Fleuves et ruisseaux
se démènent aussi en courant,
fiers d’étaler, abondants, leurs galons d’argent.
Car au saut d’un lit promptement déserté,
leurs flots n’ont-ils pas mangé sur le pouce
leur fumant bol de brumes ?
Et si le clocher ventru d’une froide église
pointe encore échaudé
le bout de son nez,
peut-être s’en veut-il de sortir ainsi nu
et surtout sans bonnet.
Pourtant, jamais, ce joli monde ne s’enrhume,
même lorsque de frêles barrières décharnées,
charmantes Proserpines,
se plantent encore et s’obstinent
au sommet des collines, tellement fragiles,
qu’on les imagine presque futiles
pour balayer, sans spleen,
l’enfer du vent mugissant.

 

 

TROIS POEMES RETENUS POUR LEUR CREATIVITE

 

La Nature vue par mes larmes


 

Une fourmi à demi écrasée
Par une branche qui vient de casser
Sous le poids d'un oiseau tombé du nid
Transpercé par la balle d'un fusil
Que vient de tirer un homme affamé
Après l'incendie de son champ de blé
Mis en feu par la lave du volcan
Qui emporta sa femme et ses enfants
Et détruisit des villages entiers
D'où on ressortit quelques rescapés
A qui il fallut amputer un doigt
Ou bien clouer une jambe de bois
Dont la fabrication a obligé
A abattre un beau et fort peuplier
Qui pendant cinquante ans s'était nourri
En assoiffant les fleurs autour de lui
Privant du même coup les cœurs blessés
De ces petites touches de gaieté.

 

De quel cauchemar vient un monde si dur ?
Mais d'aucun ! C'est simplement la nature ...

 

 

Saadia Hajib, de Magalas, par internet


SACRIFICE


 

Un paysage de rêve, temporairement endormi
Calme… béatitude, euphorie, silence absolu
Magique, enchanteur paradis terrestre
Ombre , quiétude rare bien être
Une jolie fleur clore qui encore roupille
Une petite goutte de rosée, la réveille!
Elle ouvrit ses élégantes pétales d’un bond
En regardant le monde, de ses yeux bien ronds
Une abeille au minuscule bec bien aiguisé
Lui donna un si long et doux baiser…
Docile, complice notre fleur se laissera faire
Lui offrit généreusement de son doux nectar
En guise de remerciement, l’insecte lui sourit
De derrière le buisson, un homme surgit!
Braguette ouverte, commença à se soulager
Arrosant les environs, une odeur piètre s’est propagée
L’abeille trépidante de toutes ses forces fonce!
Le pique en pleine derrière, de son arme défense
Le pauvre bougre cria de douleur, comme une bête
Étourdie notre abeille s’évanouit et tomba raide nette
Piqûre fatale, à l’instant elle succomba et mourut,
Pour sauver sa fleur son territoire et son autrui

 

 

De Romain Guinamard, de Saint Benoît, par internet


Nature morte aux oignons


 

Mes cailles, perdrix et tourterelles
Vous êtes bien penaudes au crochet du boucher.
Vous qui étiez de chères, vous voilà faites d’huile.
Hermétique est la terre figée comme une tuile.
Le trophée du brocard rayonne l’ennui
Et aux bois de son père pendent les parapluies.
Des brassés d’immortelles toutes désemparées
Languissent au fond d’un vase à l’eau évaporée.
Le vent dans le bocal n’est qu’un air vicié.
Tout ce qui ne bât plus rouille comme l’acier.
Je feuillette l’herbier de mes photographies.
Vos parfums envolés et vos couleurs ternies.

 

On voudrait la figer, qu’elle suive nos envies,
Mais la nature morte n’a plus rien de la vie.

 

2005 : Le temps

Résulats du IXe concours sur le thème du "Temps"

 

1er prix Dominique Pffaf (Strasbourg)

 

Le temps


 

Tant pis si le tempo est né d'un pas de Dieu
Qui prit son temps pour orner l'espace de son jeu !


Devant lui l'éternité. Derrière lui aussi.
Dans sa nuit, il créa une goutte de lueur,
Lourde, pleine, ronde, elle rebondit en apesanteur
Goutte à goutte,vie à vie, vite, elle se multiplie.


Sur l'échelle courbe du temps, danse à trois temps :
Celui qui vit, celui qui dort, celui qui meurt.
Fini ? Non ! Remontée vers la source à son heure,
Au bout de sa logique joie de renaissant.


Aujourd'hui, je danse sur le tempo, pas passant
Rapide ou lent, qui meut sphères et cadrans.


Temps suspendu aux lèvres énigmatiques
Qui sourient immuables dans la musique
Des chefs-d'ouvre inaltérables du temps qui tique.

 


 

2e prix Patricia Guenot (Paris)

 


Petite aiguille d'horloge


 

Dans la grande horloge murale,
Drapée d'un colossal ennui,
La petite aiguille poursuit
Sa partenaire qui cavale.


 

La régularité spirale
De ses pas dévide la nuit
En faisceau de chagrins détruits
Par l'aurore aux lueurs d'opale.



Elle s'achemine sans bruit
Vers le matin nouveau où luit
Un soleil à la joie lustrale.



Poussée par le quartz qui conduit
Sa marche aux enjambées égales,
Elle prie que le temps s'emballe.

 


 

3e prix Patrick Clot (Grenoble)

 


Le sens


 

Le long du fleuve en crue nous marchions en silence
Par une nuit sans lune au fond de la vallée.
Comme en pèlerinage, nous allions, hommes faits,
Visiter le jardin de toutes les souffrances.


 

Arrivés à l'endroit planté de noirs cyprès,
Il fallait patienter pour obtenir la chance
De revivre à l'envers, du vieil âge à l'enfance
L'intense bas-relief de nos vies résumées. 


 

Alors la nuit entière, en face du miroir,
L'interminable foule égrenait son histoire,
Les mains crispées au mur en prière d'effroi.  
Et des visages creux que l'on reconnaissait,
Revenus du néant, vrais masques, nous fixaient
De leurs yeux où brillait un indicible éclat.

2004 : L'autre

Résulat VIIIe concours sur le thème de "L'Autre"

 

 

Le jury a décidé que le premier prix ne sera pas attribué pour le 8e concours Calliope, mais une mention spéciale a été décernée à deux poèmes, "l'un et l'autre" de Monique Coudert et "Paranoïa" de Jacques Barthélémy.
Nous remercions tous les participants au concours et vous donnons rendez-vous l'année prochaine autour du temps.

 

Premier prix : Monique Coudert, Marly le Roi


L'un et l'autre


 

Deux numéros au dessus d'une seule porte.
Deux habitants jumeaux dans la même maison
ont coupés les murs du salon en tronçons
comme dans la Sovietie de notre ami Kroutchev.
Un seul porte-manteaux pour les deux couvre-chefs,
le sourire de l'un dans le miroir de l'autre,
l'un est blond, l'autre noir,
l'un a peur, l'autre chante,
le lit est barbelé, coupé en deux, coton
dans le matelassé de leur gros édredon,
l'un a droit au plancher
l'autre vit au plafond,
quand l'un des deux s'endort
c'est l'autre qui se lève,
ils échangent leur rêve.
Ce monde lilliput dans un mille-feuille gelé
fait de nos deux amis des êtres en pointillés,
jamais sûr d'être entier, jamais sûr d'être eux-mêmes.
Pour sortir ces garçons de la maison Kafka,
ce n'est pas un problème:
Il suffirait qu'ils s'aiment.

 

 

 

Second, Jacques Barthélémy, Garges les Gonesse

 


Paranoïa


 

C'est bien l'autre et pas moi qui fait tout de travers,
quand j'écris quelques mots, il met tout à l'envers,
n'est pas plus écrivain que moi suis un artiste,
j'aime pas son regard quand sa mine est si triste.


 

Quand je suis dans mon bain, il est là ce pervers,
s'il me mate tout nu, je lui colle un revers
et quand j'ouvre la bouche on dirait un dentiste...
Bien besoin de ce gars qui joue les duettistes.


 

Je l'ai vu l'autre jour face à moi dans Nevers,
chaque fois il portait mes derniers pull-overs
chez l'unique coiffeur qui se dit visagiste.
Faudrait pas m'énerver, je suis pas pacifiste.


 

Que vient faire un sosie dans mon bel univers ?
Il a même à ses pieds, mes golden-retrievers
qui le suivent partout, ça me rend alarmiste.
Voulez-vous mon avis ? c'est un bel arriviste.


 

Je m'en vais le geler comme au moins dix hivers,
de ce pas ressortir tous mes vieux révolvers.
De nous deux nous verrons qui reste sur la piste,
j'aime plus ton image un peu trop réaliste.

 

ACTU : février 2012 Les prochains rendez-vous...
  • Taille des Myrtilliers
    dim 19/02 à de 10:00 à 17:00
    Domaine de Xixtaberri Cambo les Bains

    L'association Lur Partekatzea ou "La Terre partagée", nous accueille dans un cadre magnifique, au sein d'une ambiance champêtre, pour nous enseigner la taille des myrtilliers.

  • Visite du musée Asiatica
    dim 12/02 à 15h00
    1 Rue Guy Petit 64200 Biarritz Tel: 05 59 22 78 78

  • Conférence exceptionnelle sur Giordano Bruno
    jeu 1/03 à 20:30
    le Colisée quartier Saint-Charles Biarritz

       


    Conférence exceptionnelle, présentée par





    Fernand Schwartz

    philosophe, fondateur et président de l'école de Philosophie NOUVELLE ACROPOLE en France.
    Auteur de plusieurs livres, notamment sur l'humanisme de la Renaissance.